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5 idées reçues sur l’amour chez les vikings
Barbares sans cœur ? Mariages forcés ? Zéro romantisme ?
L’amour chez les vikings est souvent résumé à une alliance stratégique entre clans, loin des élans passionnés qu’on associe aujourd’hui au couple.
L’amour chez les vikings : mythe ou réalité ?
Et pourtant.
Les sources médiévales, les sagas islandaises et les lois scandinaves racontent une histoire bien plus nuancée. Mariage négocié, certes. Mais aussi poésie amoureuse, droit au divorce, rituels symboliques et attachements profonds.
Voici ce que l’Histoire révèle vraiment !
Les vikings se mariaient-ils uniquement par intérêt ?
Oui… mais pas seulement.
Les familles concluent d’abord un contrat de mariage. En effet, il permet de consolider des alliances politiques, de sécuriser des soutiens au thing (assemblée locale) et d’organiser la transmission des terres.
La négociation porte sur :
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la dot,
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le bride-price (compensation versée à la famille de la mariée),
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les biens et les héritages.
Ainsi, la jeune femme peut représenter un enjeu stratégique majeur.
Pourtant, les sagas nordiques montrent aussi des couples soudés par l’affection et la loyauté. Certains récits évoquent même des amants prêts à braver leur clan ou à mourir ensemble plutôt que d’être séparés.
L’amour n’était pas incompatible avec le mariage. Il s’inscrivait dans un cadre social précis.
Les femmes n’avaient-elles vraiment rien à dire ?
Contrairement aux clichés, le consentement féminin existait même s’il était encadré par la famille.
Certaines sources indiquent que l’avis de la future épouse pouvait être demandé pour éviter les conflits entre clans. Par ailleurs, une femme pouvait demander le divorce.
Ce droit n’était pas symbolique. En cas de séparation, elle pouvait récupérer sa dot et obtenir des compensations financières. De plus, son lien avec son clan d’origine restait fort : porter atteinte à une épouse revenait à provoquer toute sa famille.
Dans une Europe médiévale souvent très restrictive, cette marge d’autonomie est remarquable.
Le romantisme existait-il chez les vikings ?
Absolument.
En effet, les poètes scaldes composaient des mansöngr, véritables poèmes d’amour. Ils y mêlaient métaphores guerrières, images de nature sauvage et références mythologiques pour célébrer la beauté ou la loyauté d’une personne aimée.
D’ailleurs, les attentions romantiques existaient : cadeaux, visites, déclarations, chants.
Mais elles étaient surveillées. Une liaison non validée pouvait créer des tensions politiques ou des problèmes d’héritage.
Cependant, si l’amour était permis, l’amour incontrôlé l’était beaucoup moins.
Les cérémonies étaient-elles barbares ?
Le mariage viking est un rituel codifié.
On choisissait un jour favorable souvent le vendredi, associé à la déesse Frigg. La cérémonie comprenait un banquet, des serments et le partage d’une boisson de noces.
Dans certains récits, une épée ou une hache était placée dans la chambre nuptiale pour symboliser protection et fertilité. La mariée apportait parfois des objets domestiques (clés, trousseau, pain) pour incarner la maîtrise du foyer.
Ces gestes montrent une vision sacrale du couple et de la maison, loin du simple imaginaire guerrier.
Y avait-il une diversité amoureuse ?
Les normes sociales privilégiaient le mariage hétérosexuel, indispensable à la transmission des biens et des alliances.
Cependant, certaines sources laissent entendre que des pratiques homoérotiques existaient et pouvaient être tolérées, à condition que les obligations sociales — mariage et descendance soient respectées.
Dans cette société, l’important n’était pas uniquement l’orientation intime, mais la capacité à remplir son rôle au sein du clan.
Pourquoi l’amour était-il si encadré ?
La société viking repose sur l’équilibre entre familles et alliances. Un mariage mal négocié pouvait déclencher des conflits, perturber les héritages ou fragiliser une position politique.
Encadrer les unions permettait de protéger les terres, les biens et la stabilité du clan.
L’amour avait sa place mais jamais au détriment de l’ordre social.
En Islande médiévale, les lois du Grágás mentionnent explicitement les conditions de divorce et les compensations dues. Une femme pouvait rompre son union si son mari ne remplissait pas ses obligations un droit rare en Europe à la même époque.